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«La rive gauche, on la laisse aux vieux»

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Mercredi, 9 Septembre, 2015 - 05:59

Rencontre. Félix Moati, jeune acteur de 25 ans à l’affiche du trio butineur «A trois on y va» est fou de Paris. De la rive droite surtout, là où bat le cœur de la jeunesse.

Les «Illusions perdues» dans une main, l’air de juillet dans l’autre, Félix Moati arrive Aux Deux Amis, un café de la rue Oberkampf, dans le XIe arrondissement, où il a ses habitudes. Pas de doute, on tient notre homme: le jeune comédien passionné. Parisien, bien sûr, de manière absolue. Comme on peut l’être avec Balzac, «acheté dix minutes plus tôt», envie soudaine de connaissances et promesse d’y trouver quelque chose de soi. Car son personnage à lui, Félix l’acteur, ne ment pas, il se confond avec sa personne. S’il lit de grands livres et voit de grands films, ce n’est pas pour leur être soumis tel un dévot. «On est obsédé par les figures tutélaires; moi, j’ai envie d’être dans la vie», pose-t-il, un brin déclamatoire. Un preux, se dit-on. Il lui faut un duel.

Pull bleu marine déboutonné sur l’épaule, jean noir délavé, chaussures burinées, cheveux châtains bouclés en pics, barbe encore duveteuse à 25 ans, Félix Moati a un petit air romantique. Ce héros aux semelles d’asphalte est à genoux devant Paris – sa belle –, seul cas de soumission toléré: «Le bourdonnement, la vitesse, une forme d’élégance, les jolies filles, les lieux secrets, tout Paris est là et tout le roman d’apprentissage parle de ça, dit-il. Je suis dingue de cette ville, ça tient de la chair, c’est quelque chose de physique. Même la mauvaise humeur des Parisiens finit par me manquer.»

Le sentiment d’exister

Fils du journaliste et documentariste Serge Moati, c’est en 2009 qu’on découvre Félix au cinéma, dans LOL, de Lisa Azuelos, film d’amours lycéennes sur fond de rapports parents-ados. Et, cette année, il partage avec deux filles l’affiche d’un trio butineur, A trois on y va, de Jérôme Bonnell. Il est devenu «cinéphile» après son premier tournage, qui tenait plus du hasard que de la nécessité. «J’aime le cinéma, y aller souvent. Au Majestic, à Bastille. A la cinémathèque aussi. Et passer des nuits entières à voir des rétrospectives de Cassavetes ou de Coppola, au Champollion, dans le Ve.» Exister ou avoir le sentiment d’exister, au fond, c’est pareil. Avoir le sentiment, c’est même mieux, parce que c’est plus fort.

Félix Moati n’a «pas trop d’amis» dans le milieu du cinéma. Avec les siens, il refait le monde, de jour comme de nuit, parle de filles et de politique. Il est «de gauche». Tous dans son entourage ne le sont pas et certains se désintéressent de la chose publique. Il s’engueule ou s’encanaille en leur compagnie, à Belleville quand ce n’est pas à Strasbourg-Saint-Denis, ses quartiers favoris. Rive droite, et nulle part ailleurs. «La rive gauche, on la laisse aux vieux», fanfaronne-t-il. Question d’époque: le Quartier latin n’est plus que rétrospectives. «La nouvelle vague va de pair avec les troubles sentimentaux», observe-t-il. Or, ces troubles-là ont franchi la Seine. C’est rive droite qu’aujourd’hui bat le cœur de la jeunesse.

Alors, oui, ce Paris où il est né, «c’est [sa] patrie». Cette soirée de la fin juillet, il la passera avec le Duke, qui «vient d’emménager à Belleville» et qui descend justement la rue Oberkampf: «On se retrouve vite, vers 20 heures, bisous, à toute!» lance Félix Moati à ce vieux copain d’enfance. La veille, il rentrait de Cadaqués, en Espagne, où il avait passé des vacances avec «[sa] copine», qui «travaille dans l’édition». Ensemble, ils habitent un «40 mètres carrés» dans le XIe.

 

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Photos Pierre-Emmanuel Rastoin
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